Logo pour impression Les collections du Musée

Les collections du Musée

Les collections initiales, composées de livres et de matériel d’imprimerie destinés à l’exposition permanente et à la salle de documentation du Musée, ont été constituées par le fondateur du Musée, Maurice Audin entre 1959 et le milieu des années 1970, en collaboration avec Henri-Jean Martin, alors conservateur en chef des bibliothèques de la Ville de Lyon, et le libraire spécialisé parisien André Jammes.
Le Musée possède également un grand nombre de documents provenant de la bibliothèque de Marius Audin (1872-1951) et de l’Imprimerie Audin (post-1951). Il continue à bénéficier de nombreux dons et poursuit un programme d’acquisitions qui vise à renforcer ses collections dans des domaines actuellement sous-représentés ou en fonction de son programme d’expositions.



L’exposition permanente est constituée de plusieurs centaines de livres, estampes et imprimés éphémères du XIVe au XXe siècle.

Objets ou ouvrages ont été sélectionnés en fonction de leur importance dans l’histoire de la production graphique ou des grands courants de pensée. C’est ainsi que le visiteur peut découvrir, entre autres, le premier livre français orné d’une image dans le texte ; un feuillet de la célèbre Bible à 42 lignes de Gutenberg ; le frontispice d’un ouvrage nurembergeois de 1595 et, grâce à une miraculeuse trouvaille, le bois qui servit à l’imprimer ; la Bible polyglotte de Plantin imprimée en quatre langues ; un livre rarissime du XVIe siècle portant les noms de huguenots recherchés ; une exceptionnelle collection de bois gravés ayant illustré des Bibles lyonnaises.

Le Musée possède également un très rare exemplaire du Placard contre la Messe, de 1534, dont il n’existe qu’une poignée d’exemplaires dans le monde. Cette affiche contre la Messe fut placardée jusqu’à sur la porte de la chambre du roi François 1er à Amboise. Elle est considérée comme l’un des déclencheurs des Guerres de religion.
Feuillet de la Bible de Gutenberg à 42 lignes
Feuillet de la Bible de Gutenberg à 42 lignes, 1450 (inv 0288).
La réserve précieuse renferme quelque 1 000 livres du XVIe au XXIe siècle.
Ces livres sont, pour la plupart, d’un intérêt bibliographique particulier du point de vue de leur origine (imprimeur, éditeur, éditions lyonnaises…), des procédés de fabrication employés (papier, composition, illustration, reliure…), du point de vue esthétique (typographie et mise en page, illustration) ou du point de vue économique ou culturel (éditions représentatives de l’évolution de l’imprimé et de ses usages).
On y trouve ainsi un grand nombre d’éditions lyonnaises des XVIe, XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles ; les premiers ouvrages issus des presses de l’Imprimerie nationale ; des ouvrages illustrant toutes les principales étapes de l’évolution de la lettre d’imprimerie ; des ouvrages illustrant le rôle de l’imprimé comme véhicule des connaissances et du savoir ; livres réalisés au moyen des différentes techniques de composition, d’illustration et d’impression ; manuels et autres ouvrages concernant les techniques et les métiers graphiques.


Les estampes figurent largement dans les collections du Musée.
Celles présentées dans l’exposition permanente sont en grande partie issues du fonds Halasz, composé de 600 estampes représentatives de tous les procédés graphiques de toutes les époques et constitué par Antoine de Halasz pour l’ouverture du Musée.
Parmi les autres fonds d’estampes on peut citer celui de Philippe Burnot (1877-1956), le fonds Chièze constitué de bois gravés, d’estampes avec leurs dessins préparatoires, la collection Costa de Beauregard d’estampes des XVIIe et XVIIIe siècles, la collection Marcel Roux (1878-1922).


Le Musée possède également plusieurs collections d’imprimés éphémères représentatives des multiples usages de l’imprimerie en dehors du livre, de la presse et de l’estampe.

Ainsi la collection de travaux de ville français et étrangers de Marius Audin (cartes de commerce, invitations, faire-part, menus...) et autres imprimés éphémères ; le fonds Gougenheim (albums de travaux – étiquettes – réalisés par cette imprimerie lyonnaise entre 1880 et 1960) ; le fonds Perreyon rassemblant plusieurs milliers de travaux de ville imprimés en lithographie et en taille-douce par la maison du même nom à Lyon entre 1880 et 1950 ; le fonds Anselin constitué d’imprimés en provenance de l’imprimerie Arnaud à Lyon dans le première moitié du XXe siècle ; le fonds A. Waton également composé de plusieurs milliers de travaux de ville réalisés pour la plupart en chromolithographie par l’imprimerie A. Waton à Saint-Etienne entre 1880 et 1960 ; 120 affiches lithographiques illustrées du XIXe siècle et du début du XXe siècle ainsi que plusieurs fonds d’affiches du XXe siècle.
Œuvres de Rabelais illustrées par Gustave Doré
Œuvres de Rabelais illustrées par Gustave Doré, Paris, 1873 (inv 1922).


Affiche chromolithographique en 4 couleurs : Saxoléine, pétrole de sûreté
Affiche chromolithographique en 4 couleurs
Saxoléine, pétrole de sûreté, Paris, 1894 (inv 1755).


Emballage issu des travaux en provenance de l'Imprimerie A. Waton, Saint Etienne
Emballage issu des travaux en provenance de l'Imprimerie A. Waton, Saint Etienne
(inv 1634).

Complément indispensable des documents imprimés, les matrices d’impression (bois et cuivres gravés, pierres lithographiques, flans et clichés stéréotype…) nous renseignent sur leurs techniques et mode de production.

Parmi les nombreuses collections dans ce domaine on trouve : une collection unique de 588 bois gravés des XVIe et XVIIIe siècles ayant servi
à l’impression de la Bible ; des bois gravés sur les dessins de Gustave Doré pour l’illustration des Œuvres de Rabelais ; des nombreux bois réalisés par des graveurs lyonnais de la première moitié
du XXe siècle (tels Louis Bouquet, Philippe Burnot, Marguerite Frédérique Charlaix, Pierre Combet-Descombes, Léon Schultz) ; des bois gravés par J.-B.-M Papillon et par N. Le Sueur sur les dessins de Bachelier, ayant servi à l’illustration (culs-de-lampe) de la célèbre édition illustrée d’eaux-fortes d’après J.-B. Oudry des Fables de La Fontaine éditées à Paris par Dessaint et Saillant, 1755 ;
un jeu de lettres historiées dessinées par H. Leymarie et gravé par Brevière en 1836, destiné
à l'impression de L'Album du Lyonnais, imprimé par Léon Boitel ; un millier environ de cuivres pour l’impression en taille-douce, dont notamment 800 blasons de l’Ordre du Saint Esprit, cinq grands cuivres gravés par Jean-Jacques de Boissieu, et deux cuivres gravés en 1651 par Israël Sylvestre (vues de Lyon) ; de nombreux exemples de gravure industrielle sur bois de bout, de galvanoplastie, de stéréotypie et de rotogravure.
Extrait d'une collection de 375 bois gravés ayant servi en partie à l'impression d'une bible lyonnaise du 16ème siècle
Extrait d'une collection de 375 bois gravés ayant servi en partie à l'impression d'une bible lyonnaise du XVIe siècle (inv 644).


Bois gravé d'après les dessins de Gustave Doré pour illustrer les Œuvres de Rabelais
Un des bois gravés d'après les dessins de Gustave Doré pour illustrer les Œuvres de Rabelais chez Garnier,1873 (inv 2069).

Le Musée dispose d’un large éventail de matériel graphique : machines à composer, presses à imprimer, massicots, caractères en plomb, outillages divers.

Dans l’atelier typographique on peut voir fonctionner une Linotype des années 1920, ainsi qu’une presse Stanhope, une presse à platine verticale Heidelberg dans un décor qui rappelle l’ambiance d’un atelier typographique du début du siècle dernier avec son mobilier (casses, rangs, lingotiers, marbre, etc.), fournitures (caractères en plomb et en bois des XIXe et XXe siècles) et petit matériel (coupoirs, presses à épreuves, massicot, piqueuse, etc.).
Dans le domaine de la typographie, le Musée conserve également de nombreux poinçons et matrices, certains datant du XVIe siècle ; une centaine de fontes de caractères en plomb (fin XIXe et XXe siècles) ; une cinquantaine de polices de caractères en bois pour affiches, une machine à composer Typograph, une reconstitution d’une presse en bois semblable à celle employée par les premiers imprimeurs, deux presses de type Stanhope, plusieurs presses à pédale, une presse à platine verticale ayant servi à imprimer clandestinement les premiers numéros du journal Combat, et plusieurs massicots (dont un, fabriqué par l’entreprise parisien Massiquot au XIXe siècle).

Dans le domaine de l’impression en creux, le Musée présente une presse en taille-douce datant de la fin du XVIIIe siècle et une presse lithographiques fabriquée par Brisset dans les années 1830. La collection permanente présente également un remarquable banc de reproduction utilisé en photogravure au début du XXe siècle, le prototype (1948) et premier modèle commercial français (1957) de la Lumitype-Photon, première photocomposeuse de deuxième génération, inventée à Lyon en 1944. Les réserves du Musée renferment de nombreuses machines à composer (Monotype, Monophoto…), presses typographiques et lithographiques, machines utilisées pour la fabrication de cartes à jouer, et autres matériels divers dont l’exploitation nécessiterait, dans la plupart des cas, un travail de restauration important.
Composeuse-fondeuse de lignes-blocs Linotype-Mergenthaler
Composeuse-fondeuse de lignes-blocs Linotype-Mergenthaler, modèle 5R, 1929 (inv 838).


Banc de reproduction
Banc de reproduction, 1900 (inv 1498).

À voir également :

Consulter les florilèges des collections Florilèges du Musée Une présentation de documents et objets présents dans nos vitrines, ou conservées dans nos réserves précieuses.
Consulter l’image au cœur du Musée L’image au cœur du Musée Le Musée de l’imprimerie propose une suite de quatre salles consacrées à l’histoire de l’illustration imprimée depuis Gutenberg.