« Travailler au Musée de l’imprimerie a été et reste pour moi un grand bonheur. J’ai vu l’établissement se transformer, tant au niveau du bâtiment que des pratiques d’accueil des différents publics. Et les visiteurs eux aussi ont évolué. Ils trouvent que c’est un beau musée et ils reviennent ! »
Vous l’aurez compris, Odile Arnold (Poppy pour tout le monde) est une inconditionnelle du Musée de l’imprimerie où elle convie petits et grands à découvrir les secrets de l’image et à pratiquer les différentes techniques de l’illustration, son métier et sa passion.
Un parcours tout en images
Un diplôme d’Art déco à Grenoble, une thèse sur les chartreuses en Dauphiné, quelques années comme professeur d’art plastique à Paris puis à Romans dans la Drôme. La carrière de Poppy dans l’enseignement semble toute tracée jusqu’à ce qu’une agence de communication la recrute comme directeur de création. Un changement de direction qui va ouvrir à notre artiste de nouvelles routes et de nouvelles expériences chez plusieurs grands noms de la publicité. Mais son besoin de transmettre reste très fort : entre deux « roughs », Poppy est professeur à ECV/Paris, École de Communication Visuelle. C’est là qu’elle rencontre et se lie d’amitié avec une élève libanaise qui l’entraîne dans une autre aventure : la création d’une école d’art privée.
Elle enseigne également à l’Alba, université d’Art de Beyrouth (publicité, illustration, story-board). Pendant trois ans, Poppy poursuit une activité de directeur de création pour la publicité et reste artiste à ses heures perdues, si tant est qu’il lui en reste… Toutes ces activités ne l’empêchent pas de réaliser un ouvrage « La Savonnerie » avec ses étudiants libanais, sorte de réflexion illustrée sur la mémoire d’un pays après la guerre. L’ouvrage connaît un grand succès. En 2001, Poppy la voyageuse arrive à Lyon et découvre le Musée de l’imprimerie. Une nouvelle histoire d’amitié commence alors.
Imaginer les images
Avec ses visites guidées et ses différents ateliers, « Princesse, chevalier, quelle est ta devise », « Signal-Manga » ou « À cache-cache », Poppy est devenue « guide d’images ». Apprendre à les décrypter, à comprendre leurs techniques de réalisation, à les créer, voilà ses challenges quand elle emmène un groupe de scolaires ou d’adultes sur les chemins de l’illustration. « C’est un dialogue permanent, aussi bien sur les techniques que sur le fond. Quand je fais visiter l’exposition Art pour tous par exemple, je commence par la salle de l’image pour expliquer la technique de la chromolithographie. Le Musée fait écho à tout ce qui est mon expérience ou mon éthique d’artiste, car les artistes ont un rôle à jouer, nous avons à transmettre, à expliquer, à donner. »
Au cours de ses ateliers, Poppy aime à faire découvrir différentes facettes de l’illustration, pour faire réaliser blason, manga, pliage. Le jeu est le maître mot de ces activités où l’imagination est particulièrement sollicitée.
L’imprimerie commence avec Petite Plume
« Quand on m’a dit qu’il me faudrait accueillir des groupes de maternelles, je me suis dit qu’il fallait m’adapter à leur âge. J’ai fouillé dans les livres de pédagogie, de psychologie, j’ai interrogé des amies travaillant dans la petite enfance. Bref, quelle remise en question ! » Le meilleur moyen que Poppy ait trouvé pour dialoguer avec le très jeune public, c’est Petite Plume, un conte écrit par Priscilla Packer - une autre intervenante du Musée de l’imprimerie - que Poppy a illustré. « Grâce à l’aide des Amis du Musée, nous avons pu éditer texte et images sous forme d’un ouvrage qui sert de support à la découverte de l’écriture et à la naissance de l’imprimerie ».
L’aventure de Petite Plume fait rêver les plus jeunes mais aussi les familles, puisque le conte est proposé à tous certains dimanches et connaît un grand succès. Le rêve de Poppy et Priscilla serait de trouver un éditeur qui permette ainsi une diffusion beaucoup plus large de l’histoire de Petite Plume et offre ainsi à tous les enfants, à l’ère de l’ordinateur, de comprendre d’où viennent le livre et l’écrit.
À bon entendeur …
Passions éditoriales et solidaires
Poppy Arnold aime dessiner mais elle aime aussi écrire et bien sûr, publier. « J’ai illustré un livre sur le rugby pour les enfants, aux éditions Milan. Un autre sur le retour des Jeux Olympiques à l’ère moderne, aux éditions du Cerf. Dernièrement, j’ai écrit un livre sur les voiliers, aux éditions Néva. »
Poppy a encore beaucoup de projets éditoriaux et publicitaires dans ses cartons, ainsi qu’une exposition de ses carnets de voyage, susceptible de s’adapter à tous types de lieux. Au sein de l’association lyonnaise Solid’Arte, lieu-ressources pour l'appui aux parcours artistiques et la professionnalisation de l'artiste, Poppy prend en charge bénévolement la recherche de mécénat. Une nouvelle mission qu’elle mènera « en artiste », c’st-à-dire très sérieusement et avec toute la passion qu’on lui connaît.