Le disque de la Lumitype-Photon
Un objet iconique des collections est sous les feux des projecteurs en ce moment :
le disque de la Lumitype-Photon !
Quel est cet objet ?
Il s’agit d’un élément majeur d’une machine emblématique de l’histoire de l’imprimerie, mise au point au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par deux inventeurs rhônalpins : René Higonnet (1902-1983) et Louis Moyroud (1914-2010).
Cette machine à composer photographique, la Lumitype-Photon, rompt définitivement avec les techniques plomb héritées de Gutenberg.
En faisant appel à la photographie ultra-rapide, à l’électronique et au calcul binaire, la Lumitype-Photon ouvre les industries graphiques au monde moderne.
L’aventure de la Lumitype-Photon : une entreprise internationale
La Lumitype-Photon a bien été inventée à Lyon par deux ingénieurs en télécommunication, René Higonnet (1902–1983) et Louis Moyroud (1914–2010).
Malgré des contacts encourageants avec des industriels en France, les inventeurs ne trouvent pas les capitaux nécessaires pour développer leur machine et la Lumitype sera mise au point aux États-Unis avec l’appui de l’industriel William W. Garth Jr. (1915–1975) et de la Graphic Arts Research Foundation.
Au bout de dix ans de travail et presque cinq millions de dollars d'investissement, la première Lumitype-Photon est installée en 1954 dans les ateliers d'un journal américain, le Quincy Patriot Ledger. Elle est ensuite commercialisée par la société Photon (Cambridge, Massachusetts) qui domine le marché de la photocomposition jusqu’en 1973.
La première machine est installée en Europe chez l’imprimeur Berger-Levrault, à Nancy, en 1957.
Comment fonctionne la photocomposeuse Lumitype-Photon ?
- Les lettres en plomb sont remplacées par des images photographiques négatives, stockées sur un disque en rotation constante.
- Les lettres à exposer sont sélectionnées au moyen d’un clavier.
- Un calculateur électronique binaire détermine la position exacte que chaque lettre occupe dans la ligne, en fonction de sa largeur.
- Les lettres sont exposées les unes après les autres sur un film photographique par un éclair ultra-rapide.
- Huit corps (tailles des lettres) sont disponibles grâce à une tourelle d’objectifs.
- Les films photographiques issus de la photocomposeuse sont ensuite assemblés en pages à partir desquelles sont réalisées des plaques pour l’impression offset.
Le disque « porte-matrices » pèse à peine 1 kilo, il a remplacé l’équivalent d’une tonne de matrices métalliques d’une machine à composer Linotype.
Les collections voyagent
Le Disque porte-matrice de la Lumitype-Photon présenté dans le parcours du Forum de la technologie (Liancourt, Oise).
Cet objet est en cours d’installation au Forum de la technologie de Liancourt dans l’Oise qui va ouvrir prochainement, au lieu-même où le Duc de la Rochefoucauld-Liancourt a posé les bases des écoles Arts et Métiers dès 1780.
Le Forum de la technologie se présente comme l’héritier de cet esprit d’ingénierie tout en se tournant vers les révolutions de demain. Exactement ce qu’ont fait René Higonnet et Louis Moyroud avec la Lumitype-Photon.
Grâce à cette demande de dépôt du commissaire de ce musée, Bruno Jacomy, nous avons pu numériser le carnet de recherches de Louis Moyroud ce qui va nous permettre de le faire connaître au public via nos ressources en ligne.
Un autre Disque de la Lumitype-Photon rejoindra l’exposition consacrée au Bicentenaire de la photographie, au sein d’une large sélection issue de nos collections que vous pourrez donc venir voir au macLYON au printemps 2027.