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La Somme Typographique

Éternel amoureux de son métier, l’érudit Marius Audin (5 février 1872-15 janvier 1951) a consacré toute sa vie à l’imprimerie.
Ce grand lyonnais a réuni l’ensemble de ses connaissances historiques, bibliographiques et techniques dans la Somme typographique, soit près de vingt volumes spécialisés : Origines de l’imprimerie ; l’Atelier et le matériel ; l’Imprimerie en France ; les Bibles notables ; le Bilboquet ; l’Encre ; les Encyclopédies ; la Gravure typographique ; les Journaux techniques ; la Coquille ; la Lithographie ; le Livre imprimé ; le Matériel des de Tournes ; la Notation musicale ; l’Ornementation du livre ; le Papier ; la Clicherie et stéréotypie…

La concrétisation d’un tel monument encyclopédique ne pouvait que rencontrer des difficultés en cette période agitée : guerre, pénurie de papier, difficultés financières, manque de temps. Autant de mésaventures auront donc empêché l’ambitieuse édition. Seuls deux volumes seront publiés à partir de 1949 : le premier en collaboration avec l’imprimeur Jonquières, et le second aux frais de Marius Audin (le sixième opuscule consacré aux imprimeurs lyonnais a été numérisé il y a quelques années).
 
La finalisation du projet s’éternisa faute de moyens et notre auteur vieillissant dû se résoudre à l’abandonner. Plus tard, ses fils, Maurice et Amable, lui ayant succédé à la tête de l’imprimerie familiale, eurent bien d’autres centres d’intérêt. 
Si bien que, depuis leur rédaction, les précieux manuscrits non édités, ne survécurent que par miracle à la destruction et affrontèrent bien des péripéties avant d’arriver dans les archives du MICG. Remisés au grenier de l’imprimerie des Deux-collines, oubliés, livrés aux intempéries, certains auraient même servi à calfeutrer les fuites du toit ! 

Sauvés in-extremis lors de la démolition de l’imprimerie dans le milieu des années 1980, les précieux manuscrits entamèrent un long somme muséal d’une soixantaine d’années. Leur consultation demeurant périlleuse, leur accès fut très restreint. Leur réveil fut possible grâce à la situation sanitaire des dernières années qui eut un effet bénéfique : libérer notre emploi du temps pour retranscrire numériquement, enfin, l’ensemble des autres volumes restant inaccessibles. 

Hier, la Somme typographique c’étaient des milliers de feuillets jaunis par les ans, soigneusement manuscrits de la main même de l’infatigable et tatillon Marius : beau papier filigrané, belle écriture à la plume, appliquée puis raturée, corrigée moult fois, des onglets pliés et collés de tous côtés ; des notes, références, renvois divers et multiples. Un inextricable canevas, complexe, parfois illisible, miroir de la pensée d’un auteur passionné et passionnant.

Aujourd’hui, les quinze derniers volumes de la Somme typographique (soit 1 036 143 990 mots, 1553 pages en corps 12), sont désormais consultables en ligne par tous, amateurs ou chercheurs.

Bonne lecture.